That’s that

Returning to what we actually perceive, before any interpretation or theoretical construction; this is the very principle of phenomenology, which forms the conceptual basis of this project exploring personal identity.
The process is based on a series of eight shots taken with a pinhole camera, without any control over the result, guided solely by feeling. By placing oneself both behind and in front of the lens, one becomes simultaneously photographer and subject, model and creator of the image. This becomes a way of questioning what we think we know about ourselves by capturing the different facets of the most familiar face—our own—without the intervention of an outside gaze, in an attempt to return to a raw perception, excluding social or aesthetic filters. This process therefore involves an introspective exploration of identity by simply accepting what emerges: that's that.
TThe photographs are then developed in a darkroom, again with minimal control, and then digitized. Each image then becomes a visual or felt layer, superimposed on top of each other and digitally processed to give rise to nine new interpretations of the same face, each revealing a different vision of a reality that is nevertheless common.
TThe final composition juxtaposes the montages in a mosaic to prompt questions about the very notion of identity: is it fixed and tangible, or is it constantly changing under the influence of our perception?
Revenir à ce que l’on perçoit réellement, avant toute interprétation ou construction théorique; tel est le principe même de la phénoménologie, qui constitue la base conceptuelle de ce projet d’exploration de l’identité personnelle.
La démarche repose sur une série de huit prises de vue réalisées au sténopé, sans contrôle du résultat, guidée uniquement par son ressenti. En se plaçant à la fois derrière et devant l’objectif, on devient simultanément photographe et sujet, modèle et créateur de l’image. Cela devient une manière de questionner ce que l’on pense connaître de soi en saisissant les différentes facettes du visage le plus familier — le sien — sans l’intervention d’un regard extérieur, dans une tentative de retour à une perception brute, excluant les filtres sociaux ou esthétiques. Ce processus engage donc une exploration introspective de l’identité en accueillant ce qui émerge, simplement : that’s that.
Les clichés sont ensuite développés en chambre noire, là encore avec un contrôle minimal, puis numérisés. Chaque image devient alors une couche visuelle ou ressentie, superposée les unes sur les autres et traitée digitalement pour donner naissance à neuf nouvelles interprétations du même visage ; chacune révélant une vision différente d’une réalité pourtant commune.
La composition finale confronte les montages dans une mosaïque pour permettre de se questionner sur la notion même d’identité, à savoir est-elle fixe et tangible, ou bien en perpetuelle mutation sous l’effet de notre perception ?
In and out

In and Out explores a moment suspended between perception and movement, between inside and outside, between subject and object.
This black-and-white triptych captures fleeting landscapes, literally. Taken in motion, each square frame shifts the image toward abstraction. The lines stretch, split the space, and catch the eye without offering any anchorage. A feeling of vertigo sets in, like a permanent tilt.
The sobriety of black and white and the rigor of the format eliminate any distraction. All that remains are these vanishing lines, true visual guides that play with our usual reference points.
Through In and Out, the question arises: Who is in motion: the object or the subject? Are we entering the image or leaving it? Is it the world passing before our eyes, or the photographer's eye traversing the world?
Here, photography freezes nothing. It becomes a floating space, a perceptual experience where the image does not capture reality, but disturbs it. It does not document a landscape: it questions the place of the gaze. A constant back and forth between inside and outside, between control and loss of bearings, between what we see and what we think we see.
In and Out explore un instant suspendu entre perception et mouvement, entre dedans et dehors, entre sujet et objet.
Ce triptyque en noir et blanc capte des paysages en fuite, littéralement. Pris en mouvement, chaque cadre carré fait glisser l’image vers l’abstraction. Les lignes s’étirent, fendent l’espace, happent le regard sans lui offrir d’ancrage. Une sensation de vertige s’installe, comme un basculement permanent.
La sobriété du noir et blanc, la rigueur du format, éliminent toute distraction. Ne subsistent que ces lignes de fuite, véritables guides visuels, qui jouent avec nos repères habituels.
À travers In and Out, la question se pose : Qui est en mouvement : l’objet ou le sujet ? Sommes-nous en train d’entrer dans l’image ou d’en sortir ? Est-ce le monde qui défile sous nos yeux, ou l’œil du photographe qui traverse le monde ?
La photographie, ici, ne fige rien. Elle devient un espace flottant, une expérience perceptive où l’image ne capte pas le réel, mais le trouble. Elle ne documente pas un paysage : elle questionne la place du regard. Un va-et-vient constant entre le dedans et le dehors, entre maîtrise et perte de repères, entre ce que l’on voit et ce que l’on croit voir.
Play with your food

Through this triptych, each photograph invites us to reflect on our relationship with food overconsumption and our collective responsibility. The title “This is not a game,” referring to René Magritte's surrealist work, is reappropriated here to highlight the harsh reality of this issue in our society.
The three games of reflection and balance—Jenga, Mikado, and Dominoes—symbolize, through their mechanisms of repetition and stacking, the incessant accumulation of food. The orderly constructions contrast with the chaotic mountains of fresh food thrown away and abandoned every day. The adage “don't play with your food” takes on its full meaning here: in this series, food becomes an object of manipulation, a resource that we play with without understanding its value, until the fragile balance that has been established collapses.
But the irony does not end there: in order to carry out this project, food had to be wasted, contributing in one way or another to the very problem being denounced. This gesture adds a layer of unease that highlights the complexity and scale of the issue.
Finally, the texture of each food contrasts with its slight reflection, as if to smooth over a disturbing reality, while the simplicity of each composition invites us to question a subject whose answers should be as obvious as the problem itself.
À travers ce triptyque, chaque photographie nous invite à réfléchir sur notre rapport à la surconsommation alimentaire et sur notre responsabilité collective. Le titre « Ceci n’est pas un jeu », faisant référence à l’œuvre surréaliste de René Magritte 1, est ici détourné pour mettre en lumière la réalité crue de cette problématique dans notre société.
Les trois jeux de réflexion et d’équilibre que sont la Tour Infernale (Jenga), le Mikado et le Domino symbolisent, par leurs mécanismes de répétition et d’empilement, l’incessante accumulation d’aliments. Les constructions ordonnées contrastant avec les montagnes chaotiques de nourriture fraiche jetées et abandonnées chaque jour. L’adage «on ne joue pas avec la nourriture» trouve ici toute sa force : dans cette série, la nourriture devient un objet de manipulation, une ressource dont on joue sans en saisir la valeur, jusqu’à ce que le fragile équilibre mis en place ne s’effondre.
Mais l’ironie ne s’arrête pas là : pour réaliser ce projet, des denrées alimentaires ont dû être gaspillées, contribuant, d’une manière ou d’une autre, à la problématique dénoncée. Ce geste ajoute une couche de malaise qui souligne la complexité et l’ampleur de la question.
Enfin, la texture de chaque aliment contraste avec son léger reflet, comme pour lisser une réalité pourtant dérangeante, alors que la sobriété de chaque composition invite à se questionner sur un sujet dont les réponses devraient être aussi évidentes que sa problématique.
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